L’immigration, on le sait, vient avec son lot de défis. L’isolement en est un. Mais pas facile de casser la solitude quand on ne connaît personne sur sa terre d’accueil.
Il arrive aussi que l’on ressente le besoin de se connecter à des personnes du même pays. On se retrouve alors en terrain connu. Les codes, sociaux et culturels, les références sont les mêmes. Cette similitude procure un effet rassurant, un peu comme un cocon protecteur. Quand on n’a plus ses repères, le contact avec des gens d’une même culture peut s’avérer salutaire.
À SERY, nous avons rencontré Dita. Cette jeune Indonésienne aussi discrète et douce que son timbre de voix est arrivée au Québec en septembre 2024. Seule. Elle a posé ses valises dans une famille d’accueil à Saint-Paul d’Abbotsford, qui l’a orientée vers notre organisme pour faciliter son intégration. Dita a commencé par la base : apprendre le français. Elle poursuit son apprentissage de cette langue aussi belle que complexe. Elle s’est aussi dégottée un travail à temps partiel. Du haut de ses 20 ans, elle ne sait pas encore à quoi ressemblera son avenir professionnel. Les études demeurent sa priorité. Chaque chose en son temps.
Comme beaucoup de nouveaux arrivants, Dita ressent parfois le poids de la solitude. Elle s’est fait quelques amis à Granby, pour la plupart des immigrants rencontrés pendant les cours de francisation, mais faute de voiture, les déplacements dans la ville phare de la Haute-Yamaska sont difficiles. Et l’absence de transports en commun ne lui facilitent pas la tâche.
Rester connectée à ses racines
Dita aspire à une vie sociale plus épanouie. Elle aimerait pouvoir se rapprocher de jeunes de son pays d’origine, âgés entre 18 et 25 ans. Consciente de la nécessité de se faire des amis québécois pour bien s’intégrer à sa société d’accueil, la jeune femme ressent aussi le besoin de rester connecter à ses racines, de ne pas couper totalement le cordon avec les valeurs et les traditions qui l’ont façonnée, ce que l’on peut comprendre. Le problème, c’est que les Indonésiens ne courent pas les rues à Granby et dans sa région. Les statistiques de SERY vont d’ailleurs dans ce sens : depuis 2016, notre OBNL n’a accueilli que 2 personnes originaires d’Indonésie.
Dita n’est pourtant pas restée les bras croisés. Sur les conseils d’une amie, elle a téléchargé une application qui lui permet d’échanger avec des personnes d’Asie du Sud Est, zone du globe où se trouve l’Indonésie. Elle avait aussi réussi à se faire une amie indonésienne vivant à La Prairie. « Malheureusement, j’ai perdu mon téléphone et donc ses coordonnées… » Et pour ne rien arranger, ni l’une ni l’autre ne sont présentes sur les réseaux sociaux.
L’objectif de cet article de blogue est de lancer un appel. Dita espère que l’hameçon jeté à l’eau ne restera pas immobile. Que des personnes de son pays natal, ou prêtes à la rapprocher de compatriotes de sa génération, nous contacteront pour lui permettre de briser son isolement mental.
Notre collègue Jasmine – intervenante Jeunesse – pourrait par exemple organiser une rencontre à SERY. Vous pouvez la joindre à ce numéro : 450-777-7213, poste 234; ou lui écrire à cette adresse : ici.jeunesse@sery-granby.org
