Écrire une chanson, c’est bien, mais avec une artiste, c’est mieux ! C’est justement l’expérience qu’a vécu un groupe de jeunes immigrants à SERY. Oli Féra, qui les a accompagnés à plusieurs reprises dans ce processus, juge l’expérience très enrichissante humainement.
Ce n’est pas la première fois que la lauréate du Festival international de la chanson de Granby 2022 anime ce genre d’atelier. Elle a en effet pour habitude d’intervenir dans des écoles secondaires ou de mettre ses compétences au service d’auteurs-compositeurs-interprètes (comme elle) dans le cadre de formations continues.
Face à de jeunes immigrants, dont certains ne maîtrisent pas toujours la langue française et ses subtilités, l’intéressée a dû revoir son approche. Elle s’est adaptée à son auditoire. « Avec les élèves du secondaire et les professionnels, je m’attache davantage aux détails dans la poésie et dans l’écriture des chansons. » À SERY, Oli s’est surtout focalisée sur la structure d’un morceau et la chair qui enveloppe l’os de l’inspiration, autrement dit son contenu, le message que l’on veut faire passer ou le vécu que l’on veut partager.

Je ne leur impose aucun thème. Je me contente de prendre leurs textes, d’improviser des mélodies et de les chanter.
Parmi les jeunes immigrants qu’elle a pu rencontrer en août 2025 et en février 2026 (à deux reprises), elle se souvient notamment de cette fille qui a proposé un texte très touchant sur sa mère, à qui elle déclarait son amour.
Parfois aussi, il a fallu surmonter la barrière de la langue, avec l’aide de notre intervenante Jeunesse. « Lors d’un des ateliers, certains participants ne parlaient que le swahili. Jasmine (notre collègue), qui a quelques notions dans cette langue, m’a aidé pour la traduction. Un des garçons a même chanté le texte qu’il venait d’écrire dans sa langue natale. C’était vraiment un beau moment ! »

L’HUMAIN DERRIÈRE L’ARTISTIQUE
Consciente que la langue est un facteur d’intégration importante – elle qui est née de parents anglophones et se présente comme la seule personne de sa famille à vivre son quotidien dans la langue de Gilles Vigneault – Oli Féra se dit honorée d’apporter sa petite pierre à l’édifice de l’accueil offert aux nouveaux arrivants, en leur montrant notamment « qu’on peut jouer avec la langue française ».
Humainement, l’autrice-compositrice-interprète n’a que de bonnes choses à retenir. « C’est très enrichissant d’aller à la rencontre de personnes résilientes, qui sont dans une période de réadaptation. Cela demande beaucoup de courage pour quitter son pays… »
Artistiquement, elle ne ferme pas la porte à une chanson future en lien avec ce qu’elle a pu vivre avec les jeunes réfugiés. « Cela ne fait pas partie des thèmes que j’aborde dans le cadre de mon projet artistique. Mais peut-être qu’un jour une flammèche va apparaître et que je m’en servirai pour une création. »
